Par définition la production biologique interdit tout usage de produits phytosanitaires de synthèse. Or le pommier demande une protection soignée.

Les produits chimiques utilisés en AB étant moins efficaces que ceux de synthèse pour les conventionnels, le nombre de traitements varie entre 22 et 32 pour une saison. Contre environ 17-20 en conventionnel. Dans le cas d'un printemps pluvieux, les pommiers bio peuvent être traités tous les trois jours.

De même pour désherber le pied des arbres, un passage suffit en conventionnel contre 8 en culture biologique.

Comme le rendement d'une parcelle bio est inférieur d'un tiers dans le meilleur des cas, on comprend que ce type de culture est très énergivore, environ deux fois plus de gas-oil consommé à la tonne produite.

Exemple : un nouvel insecte, qui ne connaît pas de prédateurs après 13 ans de culture bio, menace l'existence même de nos plantations. Les techniciens nous conseillent, sans état d'âme, de rajouter 6 traitements de talc sur feuillage chaque année pour le freiner, alors qu'en conventionnel deux passages chimiques suffiraient pour l'éradiquer pour un bon moment.

Et un traitement nécessite une heure de tracteur (5 L de carburant) pour un hectare.

A un tournant de notre société qui doit limiter ses émanations de CO2, la culture bio des pommiers n'est pas innocente.

Un compromis raisonnable pourrait se situer entre les deux types de production : orientation bio avec exception chimique de synthèse en cas de difficultés. Mais comment l'encadrer et le reconnaître ?